RÉTROSPECTIVE ABBAS KIAROSTAMI

Du 9 au 22 juin

Abbas Kiarostami fut découvert en France il y a une trentaine d’années. Ce fut un choc pour beaucoup, le sentiment de voir surgir un nouveau Rossellini, un cinéaste qui semblait à lui seul retrouver une forme d’évidence originelle du cinéma. » C’est en ces termes que Marcos Uzal décrit, dans le dernier numéro des Cahiers du Cinéma titré Kiarostami, l’enfance de l’art, l’événement que constitua le surgissement de Kiarostami dans le paysage cinématographique des années 80.
Le grand scénariste Jean-Claude Carrière, qui apparaît d’ailleurs dans une séquence de Copie conforme, l’un des derniers films du maître iranien, en témoigne lui aussi par ces mots : « Nous étions tous très surpris par ce cinéaste qui arrivait d’Iran et qui parvenait à nous révéler des choses sur le cinéma qui n’avaient jamais été dites auparavant. C’est comme si un cinéma d’auteur nouveau apparaissait. »
Cinq après la mort du cinéaste, son œuvre immense revient au premier plan : des ressorties en salles, une rétrospective intégrale et une exposition au Centre Pompidou, de nombreuses publications parmi lesquelles le très beau livre que notre invité, Jean-Michel Frodon, a coécrit avec Agnès Devictor, Abbas Kiarostami, l’oeuvre ouverte.

La Coursive a décidé de s’associer à cette actualité en proposant, du 9 au 22 juin 2021, sept films tirés de la riche filmographie du cinéaste.

Les trois films que l’on regroupe sous l’appellation de la trilogie de Koker (nom du village iranien dans lequel ses trois films ont été tournés) : Où est la maison de mon ami ? (1987), Et la vie continue (1991), Au travers des oliviers (1994).
Deux films de la maturité et de la consécration : Le Goût de la cerise (Palme d’Or 1997) et Le Vent nous emportera (1999).
Et enfin deux films présentés en un seul programme, Le Passager (1974) suivi de La Récréation (1972), qui témoignent du Kiarostami première manière lorsqu’il tournait pour le Kanoun (Institut iranien pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes).

Jean-Michel Frodon sera parmi nous le vendredi 18 juin pour présenter trois films et évoquer le parcours singulier d’un artiste qui fut également photographe, poète et pédagogue.

En souhaitant que cette brève et intense plongée dans l’oeuvre de Kiarostami vous permette d’en sonder les profondeurs et les mystères.