Yes !

Maurice Yvain / Albert Willemetz / Les Brigands

De retour à La Coursive, Les Brigands nous offrent un petit chef d’œuvre très jazzy du théâtre musical des Années folles, narrant les exploits surréalistes d’un coiffeur, d’un fils d’industriel et de son valet communiste. Signée Maurice Yvain, cette opérette phare de l’entre-deux-guerres est jubilatoire !

Au sortir de la Grande Guerre, le tout-Paris musical se tourne résolument vers l’ouest et cultive une affinité nouvelle pour les rythmes anglo-saxons. C’est parti pour le swing des Années folles ! Maurice Yvain donne à ce nouveau genre sa substance, portant au sommet l’art de la « comédie musicale », à mi-distance de l’opérette traditionnelle et des revues de music-hall. Esprit déluré, nous revoilà !
C’est avec tout leur brio, leur charme et leur folie habituels que les Brigands prennent à bras le corps cette opérette absolument délicieuse, qui eut au casting de sa création la toute jeune Arletty. Maurice Yvain glisse ici dans son œuvre une joie franche, sans doute née de son amitié profonde avec Gershwin et de cette influence américaine sur ses compositions d’alors. Les deux metteurs en scène, Bogdan Hatisi et Vladislav Galard, ont un sens aigu du collectif, un gros appétit pour le burlesque et un goût prononcé pour la musique et l’allégresse qu’elle engendre. Idéal pour une telle aventure.
Entre Londres, Le Touquet et Paris, Totte le coiffeur, Maxime le fils prodigue et son valet communiste découvrent l’amour, la jalousie et… la lutte des classes, entourés d’un florilège de figures emblématiques des Années 1920 : une femme fatale, un magnat déconnecté, une cocotte aristocratique et une gueuse carriériste. Joséphine Baker, Al Capone, Lubitsch et les Marx Brothers ne seront jamais loin de ce tourbillon pétillant. Yes !, dans toute sa fausse frivolité et sa vraie férocité, nous offrira le plaisir de pleurer de rire devant nos éternels travers humains. En chantant !