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Ajax / Antigone / Héraklès / Sophocle

Gwenaël Morin / Théâtre Permanent

Après avoir mis en scène quatre pièces de Molière en un seul cycle intitulé Les Molière de Vitez, Gwenaël Morin poursuit son exploration de ces « espaces publics symboliques » que sont les classiques. Autour du triptyque Ajax-Antigone-Héraklès, il nous propose cette fois une captivante immersion dans le théâtre de Sophocle, avec chaque soir une pièce différente, pour finir le samedi en feu d’artifices par une intégrale rehaussée d’un drame satirique.

Ses règles du jeu restent les mêmes : faire du théâtre avec rien ou presque, si ce n’est la puissance du texte et l’énergie des acteurs ; confier la distribution au hasard pour s’affranchir des idées reçues et des répartitions traditionnelles des sexes ; ouvrir la scène à l’inattendu. Autre règle fondamentale : travailler exclusivement avec les traductions d’Irène Bonnaud et de Malika Bastin-Hammou. Elles amènent selon le metteur en scène un jeu rythmé, tranchant, rapide, simple et concret. En outre, cette continuité de style permet de mieux saisir les variations des pièces entre elles.
Avec Sophocle, Gwenaël Morin s’approche d’une humanité en prise avec son propre destin, désespérant de ne pouvoir totalement le maîtriser. Centrées autour de ses héros, ces tragédies qui appartiennent à notre conscience collective mettent en scène des individus seuls, pris dans des conflits tragiques où un ordre s’oppose à l’autre.
Avant de se consacrer pleinement au théâtre, Gwenaël Morin suit une formation d’architecte. A partir des années 2000, il crée sa compagnie et initie son expérience du « Théâtre permanent », basé sur trois principes : jouer tous les soirs, répéter tous les jours, transmettre en continu. De 2013 à 2019, il applique cette approche
engagée dans le cadre de sa direction du Théâtre du Point du jour à Lyon. Aujourd’hui encore, il convie ses comédiens à déployer au plateau leur sensibilité et leur génie, répète avec eux inlassablement, épuise, dépouille, pour qu’advienne l’essentiel.

Le théâtre qui délivrerait un message est une décadence. Le théâtre n’est pas un média, c’est une expérience du monde qui passe effectivement par cette chose élémentaire : parler, danser, chanter. Ça pourrait être le titre de tous les spectacles : parler, danser, chanter. GWÉNAËL MORIN

 

AJAX
Après la mort d’Achille, héros légendaire de la guerre de Troie, Ajax, se considérant comme le digne et unique héritier de ses armes, rejette le verdict qui lui a préféré Ulysse. S’estimant lésé, il entreprend de massacrer l’armée grecque. Mais Athéna, le rendant fou, détourne sa fureur contre le bétail. Quand elle lui rend la raison, le spectacle de son carnage met en lumière, chez le héros archaïque qu’il reste, une démesure animale. Hanté par le rire supposé de ses ennemis, il renonce à revenir chez son père Télamon en vaincu déshonoré et se suicide.

ANTIGONE
Les deux frères qui luttaient pour le trône de Thèbes, Polynice et Etéocle, ont été tués au combat. Créon est donc le nouveau maître de la ville. Il décide que Polynice tombera en disgrâce, tandis que le corps d’Etéocle sera honoré. Cela signifie que la dépouille du frère rebelle sera laissée sans sépulture, à la merci des charognes. Antigone, soeur des défunts, s’apprête à braver l’interdit du roi de Thèbes en donnant une tombe à son frère Polynice. Pour ce geste, elle encourt la mort. C’est le prix à payer pour ce qu’elle estime être son devoir : envers l’amour qu’elle porte à son frère, envers les dieux. Son propre oncle, le roi Créon, ira-t-il jusqu’à la condamner en dépit des lois divines, non écrites et éternelles ? Antigone, son fiancé Hémon et le devin Tirésias parviendront-ils à le faire changer d’avis ?

HÉRAkLÈS
Déjanire, prévenue par son fils Hyllos du retour de guerre de son mari Héraklès, se félicite de cette heureuse nouvelle. Lorsque Lichas, messager et compagnon d’Héraklès, lui apprend que ce dernier est accompagné par la jeune Iole, fille du roi Eurytos, contre lequel il vient de se battre, et dont il veut faire sa concubine, sa joie s’obscurcit. Jalouse, soucieuse de reconquérir son époux, Déjanire fait envoyer à Héraklès, en guise de philtre d’amour, une tunique trempée du sang du centaure Nessos. Mais la tunique se révèle empoisonnée. Au lieu de raviver l’amour d’Héraklès pour son épouse, elle le condamne. Héraklès, mourant, de retour à Trachis, se laisse gagner par la colère et demande qu’on lui amène Déjanire pour la tuer. Apprenant la nouvelle, au désespoir, Déjanire se poignarde.