Ubu

d’après Alfred Jarry / Olivier Martin-Salvan

Attention, spectacle déplacé
Pour des raisons techniques, UBU,  initialement programmé à la Maison de L’Étudiant,  est déplacé au Théâtre Verdière. Merci de votre compréhension

 

Le Père Ubu, roi des ambitieux, des grossiers et des imbéciles, délicieusement transporté au pays du fitness, dans un dispositif quadri-frontal. Olivier Martin-Salvan, comédien généreux et metteur en scène inspiré, nous fait (re)découvrir la farce cruelle d’Alfred Jarry en s’y amusant comme un fou. Une farce extravagante et cinglante, absolument hilarante.

Lorsqu’il débarque dans d’arène, toison fournie débordant de sa combinaison moulante aux couleurs criardes, on comprend vite qu’Olivier Martin-Salvan n’est pas là pour faire de la figuration. Le maillot, il va le mouiller ! Il faut dire qu’il en impose le Père Ubu, qu’il veut conquérir le monde (de l’aérobic) et qu’il est prêt à tout pour y parvenir. La concurrence ? Il la pulvérise ! Le pouvoir ? Il l’engloutit ! Bientôt rejoint par une joyeuse bande d’hurluberlus, c’est un carnaval de bassesses qui commence sur un rythme d’enfer. Soldats, magistrats, nobliaux, serviteurs : « À la trappe ! », vocifère le colosse. Ça court et ça cogne ! Ça harangue, ça matraque et ça transpire sec ! Sans aucune limite, Ubu forme un condensé outré de tous les tyrans de l’histoire.

Olivier Martin-Salvan est un artiste tout-terrain, doublé d’un génie burlesque, plusieurs fois nommé aux Molières : acteur (notamment dans Bigre ou dans l’étonnant Pantagruel), chanteur lyrique, danseur, metteur en scène… son abattage dans Ubu est simplement époustouflant. Sous couvert du potache, la pièce de Jarry (Ubu sur la butte, initialement créée pour des marionnettes) sort les griffes contre tous les despotismes, les profiteurs et les gens de pouvoir. Une œuvre majeure, à la fois par sa contemporanéité, par la puissance de réflexion qu’elle provoque, et par le rire, gargantuesque, qu’elle ne peut que déclencher.

 

Le comédien virtuose livre un très juste Ubu, radical et grotesque, à l’instar des dictateurs agités de tous temps. LES INROCKUPTIBLES