Tous des oiseaux

Wajdi Mouawad / La Colline – Théâtre national

L’auteur et metteur en scène québécois d’origine libanaise, directeur du Théâtre de La Colline à Paris depuis 2016, signe une splendide fresque épique sur fond de conflit au Proche-Orient, dans laquelle il explore la question des origines et de l’identité. L’histoire intime du jeune juif Eitan et de l’orpheline d’origine arabe Wahida y percute la grande Histoire. Bouleversant.

Avec Tous des oiseaux, triomphalement accueilli à sa création en 2017 au Théâtre de La Colline, Wajdi Mouawad renoue avec les sagas généreuses et palpitantes qui ont fait son succès. Ses grandes tragédies contemporaines, où l’on voyage entre séismes de l’Histoire et épopées intimes, sont des bombes d’émotions pures. Son théâtre est un héritier contemporain de la tragédie grecque. Un texte qui a reçu, en octobre 2019, le Grand Prix de littérature dramatique.
Eitan est issu d’une famille juive. Wahida est orpheline d’origine arabe. Entre eux naît une histoire d’amour. Quand Eitan décide de présenter Wahida à sa famille, tout bascule : son père s’oppose violemment à leur relation. Cherchant à comprendre sa colère, Eitan se rend à Jérusalem, où il est victime d’un attentat. Au fil des évènements, les chagrins enfouis ressurgissent, découvrir la vérité devient une nécessité. L’histoire intime de ces Roméo et Juliette de nos temps modernes et troublés se mêle à la grande Histoire. Les tentatives de chacun pour continuer à s’aimer se paient alors au prix fort.
Sur un rythme haletant, le théâtre singulier de Wajdi Mouawad éclate de toute sa splendeur incandescente. L’auteur et metteur en scène a réuni un impressionnant casting international, évoluant dans une ingénieuse scénographie, capable de nous faire traverser le temps et les lieux. Surtitrée en français, la pièce fait entendre le récit dans les langues des personnages. Une manière, pour Wajdi Mouawad, de révéler les fractures de l’Histoire. Et d’aller à la rencontre de l’Autre.

Le public est saisi et se lève à la fin pour un long remerciement. Le Figaro