Theo Croker Quintet

Escape Velocity

Repéré par Dee Dee Bridgewater au tournant des années 2010, le trompettiste Theo Croker n’a pas tardé à conforter les espoirs que la diva plaçait en lui. Fort de quatre albums majestueux, le New-Yorkais poursuit une route passionnante aux inspirations latines, funk et hip-hop. L’afro-américanisme et le groove en étendard.

Petit-fils du légendaire chef d’orchestre et trompettiste Doc Cheatham, qui enflammait les nuits américaines avec Cab Calloway, Theo Crocker a toujours fait de ses racines le moteur de sa créativité. Sans cacher pour autant son goût pour les sonorités d’aujourd’hui, fusionnant l’excellence classique à un lyrisme chaloupé, empli d’effluves africaines et de beat hip-hop. Une alchimie innovante qui propulse son jazz vitaminé vers un avenir radieux. Née en Floride en 1985, Theo Croker débute la trompette après avoir vu, fasciné, son grand-père sur scène. Diplômé du célèbre Conservatoire d’Oberlin en 2007, il commence par produire du hip-hop et des musiques de film, avant de se tourner vers la liberté d’une carrière solo.
Son premier album, The Fundamentals, l’amène à jouer partout dans le monde, jusqu’à Shangaï où, par un heureux hasard, Dee Dee Bridgewater vient l’écouter. Elle embauche directement le garçon dans son « boys band » de grande classe et, plus tard, viendra d’ailleurs poser sa voix sur plusieurs titres du second opus de Croker, aux côtés de Roy Hardgrove. En 2014 et 2016 sortent les magnifiques Afro Physicist et Espace Velocity, deux électrochocs musicaux enthousiasmants pour le monde du jazz, qui le hissent alors au firmament des jeunes surdoués.
Avec son quintet où brille notamment l’orgue Hammond de Michael King, Theo Croker imagine sans pression le jazz de demain. Et là où tant d’autres voient la grisaille comme une marque d’élégance, Theo, lui, le pense en couleurs.