The Goldberg variations, BWV 988

Jean-Sébastien Bach / Anne Teresa de Keersmaeker / Rosas

Accompagnée sur scène par le pianiste Alain Franco, Anne Teresa De Keersmaeker poursuit son compagnonnage fertile avec Bach à travers ce solo intimiste. Un nouveau défi pour cette chorégraphe mélomane, figure emblématique de la danse contemporaine.

Après avoir chorégraphié l’ensemble des Suites pour violoncelle et plus récemment les Six Concertos brandebourgeois, Anne Teresa De Keersmaeker revient une fois encore à Bach. Une attraction compréhensible entre cette chorégraphe qui sait si subtilement mettre en tension structures formelles et charges émotionnelles, et ce compositeur qui allie si miraculeusement le sensible au formalisme.
Depuis quarante ans, la chorégraphe belge révolutionne la danse contemporaine. Elle écrit aussi le futur de la danse avec sa célebre école P.A.R.T.S.. C’est dire l’honneur que de la recevoir. Les Variations Goldberg comptent parmi les oeuvres de la haute maturité de Jean-Sébastien Bach. Le compositeur y pousse à l’extrême la densité de son écriture, en jouant de toutes les ressources de la variation, du canon et de la fugue. À partir d’une simple basse continue, celle qui sert de canevas au premier et paisible Aria de l’oeuvre, se déploie un univers musical éblouissant, d’une diversité et d’une complexité à couper le souffle. En s’emparant des Variations Goldberg, Anne Teresa De Keersmaeker reste fidèle au plus décisif de ses principes : fonder ses chorégraphies sur l’étude des partitions musicales. Avec sa trentaine de variations de toutes natures, la musique des Goldberg lui lance un redoutable défi : inventer une forme dansée en perpétuelle transformation, gravitant pourtant autour d’un foyer immobile. L’occasion pour Anne Teresa De Keersmaeker de relire son chemin parcouru à la lumière de questions contemporaines renouvelées et d’écrire, à quatre mains avec le pianiste, un nouveau poème du geste dont elle seule a le secret.

Qu’est-ce que danser ? semble-t-elle demander. Que savent nos corps ? Au fil des variations, Mme De Keersmaeker fait souvent écho à des motifs musicaux : canon, contrepoint, rétrograde, modulation. Mais ses mouvements et ses expressions faciales fugaces suggèrent des émotions, des souvenirs, de l’histoire. En musique comme en danse, ces « Variations Goldberg» offrent virtuosité et expérience – de la vie, de la scène – résolues dans la simplicité. The New York Times

 

Robe noire transparente, pieds nus, que-de-cheval blond platine, Keersmaeker, austère et fatale, sobre et folle, enfantine et âgée, quête l’âme de la musique jusqu’aux tréfonds. Se gestes sculptent l’espace et organisent le temps en va-et-vient mathématiques, romantiques ou joyeux. On quitte parfois ce corps si volubile pour fixer les mains du pianiste, petites danseuses de chair. L’Humanité