Seong-Jin Cho

Bach / Schubert / Chopin / Moussorgsky

À vingt-quatre ans seulement, il est le nouveau prodige de la scène musicale internationale, le pianiste que toutes les salles et les orchestre s’arrachent. Au cœur d’une saison 2018-2019 qui le verra jouer ce programme au Carnegie Hall de New York, à la Philharmonie de Berlin ou au Concertgebouw d’Amsterdam, Seong-Jin Cho sera à La Coursive en mars pour un concert exceptionnel, l’une de ses trois dates en France.

Repéré depuis ses dix-sept ans, alors qu’il s’illustre déjà lors d’une compétition à Moscou, c’est en 2015 qu’éclate aux yeux du monde le talent du Sud-Coréen Seong-Jin Cho, lorsqu’il gagne le Premier prix du très prestigieux Concours Chopin de Varsovie. La maison Deutsche Grammophon ne s’y trompe pas en le faisant signer, quelques semaines plus tard, un solide contrat d’exclusivité. Son premier album studio sort en 2016 et réunit des pièces de Chopin, qu’il considère comme son « répertoire de rêve » : les quatre Ballades et le Premier concerto en mi mineur, gravés aux studios d’Abbey Road avec le London Symphony Orchestra. Une tornade publique et critique. L’album se vend à cinquante-mille exemplaires, chiffre exceptionnel dans l’industrie du disque classique. Suivra un superbe disque solo consacré à Debussy (novembre 2017). En trois années-marathon, la liste de ses colla-borations avec de grands chefs donne le tournis.
Doté d’une époustouflante technique, Seong-Jin Cho n’en reste pas moins un interprète d’une grande sensibilité, mêlant dans un juste équilibre sobriété et poésie, grâce et intelligence, sans grandiloquence. Pour sa tournée, il a choisi un récital très éclectique, placé sous le signe de la fantaisie. Ou plutôt des Fantaisies ! Celle, aventurière, de Bach, l’incroyablement ardue de Schubert, la nostalgique de Chopin et l’allégorique de Moussorgski.
La fantaisie… une forme musicale très particulière, dont l’ex-travagance donne l’impression que son interprète improvise. Devant la difficulté de sa Fantaisie en ut majeur, Schubert aurait déclaré, énervé de sa propre incapacité à exécuter le final correcctement : «C’est le diable qui devrait jouer ça!». Eh bien non Monsieur Schubert, plutôt un ange aux doigts de fée !