San Salvador

Six voix, deux toms, douze mains et un tambourin. Comme son nom ne l’indique pas au premier coup d’œil, San Salvador est une expérience musicale alliant l’énergie et la poésie brute des musiques populaires occitanes. Une alchimie d’harmonies vocales hypnotiques, striées par une rythmique implacable.

C’est peu dire que de rappeler que les premiers concerts du sextette vocal corrézien ont fait leur petit effet ! Même le New York Times y est allé de son papier dithyrambique ! Il faut dire que cette identité inclassable, entre folk occitane, rock chamanique et punk savant s’est taillé une solide réputation au fil des ans et des festivals, devant des publics de plus en plus larges.
San Salvador, c’est à la fois une histoire de famille (le groupe compte deux duos frère-sœur), d’amitié (les six membres viennent tous de Saint-Salvadour, un bourg de deux cent cinquante habitants à vingt minutes de Tulle) et de passion commune. Cette dernière est née dans les ateliers de musique traditionnelle qu’animait Olivier Durif, musicien et ethnomusicologue qui, dans les années soixante-dix, s’est lancé dans le collectage du répertoire rural de l’ouest du Massif Central auprès des personnes âgées, afin de sauvegarder ce patrimoine musical. Quelques décennies plus tard, ses deux enfants prennent le relais pour mener tambour(in) battant l’aventure San Salvador. Et c’est un miracle d’intensité joyeuse.
Formation intégralement vocale, San Salvador s’intéresse davantage à une forme de renouvellement poétique des musiques traditionnelles, plus qu’à l’expression d’un « folklore authentique » ou d’un patrimoine « sauvegardé ».
Leur premier album, La Grande folie, sorti en janvier 2021, évoque le désir de porter une musique qui n’assimile pas seulement une géographie mais parle d’humains dans un paysage. Une polyphonie compacte, tendue droit vers le ciel. C’est sur scène que la déflagration San Salvador prend tout son sens. A découvrir d’urgence.

Une transe tellurique.TÉLÉRAMA