Royan – La Professeure de français

Marie NDiaye / Frédéric Bélier-Garcia

C’est une belle fin d’après-midi à Royan. Une femme rentre chez elle dans la lumière dorée du boulevard. Elle vient du lycée où elle enseigne le français, quand elle perçoit les signes de la présence d’un couple, là-haut, sur son palier. Bien qu’ils ne parlent pas, elle les reconnaît. Ce sont les parents d’une de ses élèves, Daniella.

Daniella s’est jetée par une fenêtre de son lycée un mois auparavant. Victime de harcèlement scolaire. Elle en est morte. Les parents veulent désespérément une explication, des raisons, un sens au suicide de leur fille. Gabrielle, la professeure, estime qu’elle n’a rien à leur dire.
Partant d’un fait divers, la romancière et dramaturge Marie NDiaye (Prix Fémina en 2001 pour Rosie Carpe, Prix Goncourt en 2009 avec Trois femmes puissantes) compose un monologue intérieur flamboyant écrit pour Nicole Garcia. Dans ce récit à la première personne, la langue de Marie NDiaye est un serpent qui s’enroule autour d’une idée, d’un fait, jusqu’à en faire perler ses plus secrètes humeurs. La pensée de cette professeure s’y déploie en nœuds et fulgurances intimes, où le spectateur est véritablement happé. Dans ce double effort pour dire et mettre à distance une tragédie, elle parle de Daniella telle qu’elle l’a vue grandir et beaucoup aimée et, plus encore, d’elle-même.
Née et élevée à Oran, elle raconte ou, plutôt, tente de reconstituer ce qui l’a conduite d’Oran à Royan, comment elle s’est toujours reconnue en cette élève. Ce faisant, presque à son corps défendant, c’est une déploration de Daniella qu’elle invente, une sorte de prière profane pour que cette jeune fille, où qu’elle soit, trouve enfin la paix.
Présenté cet été au Festival d’Avignon, Royan est l’occasion pour Nicole Garcia de retrouver les planches du théâtre, elle qui se distingue désormais depuis de nombreuses années devant et derrière la caméra. Elle est ici dirigée par son fils, Frédéric Bélier-Garcia, qui adapte pour la quatrième fois les mots puissants de Marie NDiaye.

Quand s’achève le lancinant monologue intérieur de Gabrielle, rendu éblouissant par l’interprétation d’une Nicole Garcia au génie méconnu de tragédienne, le spectateur est à bout de souffle.TÉLÉRAMA

 

Nicole Garcia incarne un texte hautement puissant qui peut être dangereux à traverser. Le Point

De sa voix chaude et rugueuse, pressée, la comédienne porte la langue fulgurante de Marie NDiaye. Le Parisien

Une écriture taillée dans un diamant fauve, qui soulève plus de mystères qu’il n’en résout. C’est un cadeau pour Nicole Garcia. Le Monde