Pygmalion

Bach

Raphaël Pichon

Raphaël Pichon, trente-quatre printemps, est devenu le fer de lance d’une nouvelle vague de musiciens polyvalents : chanteur, musicien, défricheur de partitions inachevées… et, fait rare, chef gaucher. Le surdoué pressé ne s’interdit rien. D’un talent et d’une aura hors du commun, le jeune chef est surtout un passionné de la voix, grisé depuis toujours par l’énergie euphorisante du chant choral. Et c’est avec un feu d’artifice dédié à son compositeur de prédilection, Jean-Sébastien Bach, qu’il opère son retour sur la scène de La Coursive.

Les six motets de Bach sont en effet parmi les plus grands chefs d’œuvre de la polyphonie vocale. Leur exécution en intégrale dans le cadre d’un seul concert donne à entendre une synthèse époustouflante de l’art choral et contrapuntique du Cantor de Leipzig. Véritable marathon, ce programme met à l’épreuve tout autant la virtuosité des quarante-neuf musiciens et chanteurs de Pygmalion, que le talent coloriste de ces interprètes.
Un défi à la hauteur de cet orchestre à part qui, en dix années d’existence, n’en finit plus de tutoyer les sommets de la musique savante. En résidence à l’Opéra national de Bordeaux, Pygmalion se produit régulièrement sur les plus grandes scènes françaises (Philharmonie de Paris, Opéra royal de Versailles, Festival d’Aix-en-Provence…) et internationales (Cologne, Francfort, Vienne, Amsterdam, Pékin, Hong-Kong, Barcelone, Bruxelles…).
Fervent militant du décloisonnement, Raphaël Pichon construit à la vitesse de la lumière un impressionnant répertoire, du baroque au romantisme allemand. Un sacré chef, pour qui « la musique classique n’a rien de raisonnable ».

Déliées, homogènes, nuancées, gouleyantes, les voix de tous les pupitres (que de jeunes chanteurs et de timbres frais dans les rangs !) séduisent et forcent l’admiration par leur précision autant que par leur poésie.
La Croix