Pygmalion

Bach / Haendel / Raphäel Pichon / Sabine Devieilhe

A partir des exigeantes partitions de Bach et Haendel qui composent cet intelligent programme, Raphaël Pichon arpente les sommets de la musique baroque, accompagné de ses vingt-trois chanteurs et musiciens. A leurs côtés, la chanteuse soprano Sabine Devieilhe perfectionne encore l’exercice.

Raphaël Pichon, trente-six ans, est un directeur musical complet : chanteur, musicien, défricheur de partitions rares. D’un talent et d’une aura hors du commun, le jeune chef est aussi un passionné de la voix, grisé depuis toujours par l’énergie euphorisante du chœur. C’est à une soliste de renom, Sabine Devieilhe, triple détentrice d’une Victoire de la musique classique (Révélation en 2015, puis Artiste lyrique et Enregistrement de l’année en 2018), qu’il a fait appel pour magnifier les splendides Brockes Passion de Haendel et Bach.
Poète allemand influent, en même temps que conseiller municipal de Hambourg au début du XVIIIe siècle, Brockes a retravaillé la forme traditionnelle de l’oratorio « de type passion » en y ajoutant une poésie descriptive, fondée sur le déroulement de la Passion du Christ telle que rapportée dans l’Évangile selon Saint-Matthieu. La version musicale la plus célèbre liée à ce texte nous vient de Haendel. Elle est considérée comme un sommet du genre. Bach lui-même s’en est inspiré pour composer sa célèbre Passion selon Saint-Jean. Enfin, c’est avec l’une des quatre seules cantates de Bach écrites pour une soprano que l’ensemble a voulu clore ce concert en majesté. Un véritable défi, tant la partie vocale, qui couvre deux octaves et se mélange à la trompette solo, est vertigineusement virtuose.
En quinze années d’existence, Pygmalion n’en finit plus de tutoyer le succès, construisant à la vitesse de la lumière un impressionnant répertoire, dont Bach reste la fascinante clef de voûte.

Bach, c’est depuis le début un pilier de l’univers musical de Raphaël Pichon. Il en maîtrise la rhétorique comme aucun autre chef français avant lui.LE FIGARO