Pink Martini

« Je ne veux pas travailler… » Vingt ans déjà que le monde découvrait le charme rétro du plus européen des groupes américains, avec son tube en français, Sympathique. Toujours mené par la chanteuse China Forbes et son délicieux accent à la Joséphine Baker, Pink Martini continue de promener son swing cool sur scène.

Vingt ans… Une époque pas si lointaine où l’on achetait encore des disques. La pochette ocre des Pink Martini (où des gamins jouaient au foot devant la Tour Eiffel, souvenez-vous) ornait les bacs de nos disquaires préférés. L’amour de la langue de Molière ne les a pas quittés. Pour preuve le titre de leur dernier album, Je dis oui, patchwork généreux de mambo, de jazz et de rythmes latinos. Sexy en diable.
Cosmopolites devant l’éternel, les Pink Martini ont chanté dans toutes les langues : en arabe à New York, en croate à Bucarest, en japonais à Paris, en italien à Tokyo, en anglais à Beyrouth… Leur nouvel opus ne fait pas exception à la règle, construit comme un melting-pot d’influences et de passions multiculturelles. À l’ère du repli identitaire de leur président, les natifs de Portland se considèrent plus que jamais comme des habitants du monde, passeurs d’une certaine idée de l’Amérique.
Sur scène, les onze garçons rivalisent d’élégance (queue de pie de rigueur), formant un écrin au glamour malicieux de China Forbes. Pink Martini, c’est aussi cette grâce un peu surannée des films d’après-guerre. On imagine très bien le big band jouant dans un cabaret enfumé, tandis que la diva en robe écarlate ondule entre les tables de mafieux, marins en goguette et autres demoiselles apprêtées… Terriblement séducteur, ébouriffant de classe, Pink Martini se savoure en technicolor. Vous reprendrez bien un doigt de Martini ? Sans hésiter, Je dis oui!

Chez eux, pas de grand discours. L’argument est d’abord musical et de haute volée. Télérama