Nos Désirs font désordre

Christophe Béranger / Jonathan Pranlas-Descours / Sine qua non art

La nouvelle création de la compagnie rochelaise Sine Qua Non Art explore nos désirs inassouvis et notre liberté d’être dans une société corsetée. Une pièce engagée à la distribution cosmopolite, qui s’ajoutera au passionnant chemin chorégraphique de Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours.

L’année dernière, leur relecture du Sacre du printemps dédiée aux superbes danseurs du Ballet de Cuba avait marqué notre saison danse. Comme lors de leurs précédents spectacles présentés à La Coursive (Exuvie, Donne-moi quelque chose qui ne meurt pas), Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours ont pris le parti de travailler main dans la main avec un plasticien. Née d’une rencontre avec Fabio da Motta, cette
collaboration permettra à chacun des douze interprètes d’être à la fois danseuse-danseur et sculpture vivante. En effet, le performeur et photographe brésilien réalisera pour toutes et tous une parure composée de fleurs et d’un travail de cordages proche du « bondage », qui habillera les visages et les corps.
Ce « shibari floral » exécuté sur scène, en contraignant les corps et leurs mouvements, induira dès lors un langage chorégraphique original, dont les deux créateurs souhaitent qu’il interroge la dimension politique de l’expression de nos désirs et de leur entrave, quand ils bouleversent l’ordre établi. Emportés dans élan collectif et ininterrompu, les danseurs incarneront cette expérience de l’affirmation des désirs individuels, avant de se retrouver tour à tour noyés dans la masse dominante.
Le corps sexué, sexualisé, est-il aujourd’hui source d’un nouveau désordre ? L’art, le corps dansant font-ils désordre dans notre société ? Le corps lui-même n’est-il pas source de désordre avant d’être l’objet et le sujet du désir ? Toutes ces questions traverseront cette création hybride, sensuelle et politique à la fois.