L’Heure suprême

Frank Borzage / Vincent Peirani

L’accordéoniste aux pieds nus revient à La Coursive avec un projet fort : sublimer en quartet L’Heure Suprême, chef d’œuvre du cinéma muet américain réalisé par Frank Borzage en 1927. Son ciné-concert célèbre magnifiquement l’amour dans le Mont-martre d’Avant-guerre.

Paris, 1914. Chico, un humble égoutier devenu laveur de vitres, croise le chemin de Diane, une jeune femme martyrisée par sa sœur tyrannique, que la misère et l’absinthe ont rendue folle. Lorsque la police intervient, Chico fait croire que Diane est sa femme afin de lui éviter la prison. Il l’emmène chez lui, au septième étage d’un vieil immeuble décrépit de Montmartre (d’où le titre original du film : 7th heaven), sous la voute étoilée. La déclaration de la Première guerre mondiale va contraindre leur amour naissant…
Avec L’Heure suprême, Frank Borzage remporte le tout premier Oscar décerné à un réalisateur et livre son film le plus célèbre et le plus stylisé, souvent comparé à L’Aurore de Murnau, réalisé la même année. Réunissant pour la première fois à l’écran Janet Gaynor (L’Ange de la rue) et Charles Farrell (Liliom), Borzage transcende le mélodrame et entremêle la romance intime à la grande Histoire. Teintée de réalisme magique et d’une atmosphère céleste, L’Heure suprême reste l’une des plus belles expressions cinématographiques du miracle de l’amour.
Pour sublimer le lyrisme de ce chef-d’œuvre du cinéma muet, Vincent Peirani entraine son accordéon funambule sur les chemins les plus étonnants et convoque autour de lui trois complices aux talents indéniables : Federico Casagrande (guitares), Régis Huby (violon) et Stéphane Edouard (percussions). Il éclaire l’œuvre d’une lumière nouvelle, à la fois swing et caressante, transpercée de boules d’énergie éblouissantes et de plages mystérieuses, qui exaltent le style grandiose de ce joyau du cinéma.

Vincent Peirani donne des ailes à son accordéon. LIBÉRATION