LES MUSICIENS DE SAINT-JULIEN

Mozart / François Lazarevitch

Les Musiciens de Saint-Julien s’emparent des trois Concertos pour flûte de Mozart et rendent hommage au génie du jeune compositeur, qui sut dépasser son moindre intérêt pour la flûte, en écrivant une musique aussi lumineuse que sa vie d’alors était sombre.

Paris, 1778. En deuil de sa mère, accablé de difficultés financières, Mozart répond à la commande de deux riches flûtistes amateurs et crée un catalogue de la technique de la flûte et de ses possibilités expressives à l’intérieur des Concerto en sol K.313 et Concerto en ré K.314. Troisième œuvre de ce répertoire singulier, le Concerto pour flûte et harpe K. 299 constitue l’une des œuvres les moins jouées de Mozart et pourtant l’une des plus appréciées pour sa « source jaillissante de bonne humeur » selon le musicologue Alfred Einstein. Depuis 2006, Les Musiciens de Saint-Julien rayonnent sur la scène française et internationale. Fondé par le flûtiste François Lazarevitch, l’ensemble est dédié aux musiques baroques, qu’il interprète avec un instrumentarium ancien rare. Il collabore régulièrement avec des artistes défricheurs du répertoire historique. Pour ce programme, l’ensemble a invité la harpiste Sandrine Chatron, premier prix du Conservatoire de Paris. Elle déploie depuis une importante carrière de soliste et de chambriste en France et à l’étranger. Elle aussi est curieuse de partitions rares et d’aventures musicales iconoclastes. Dans une lettre à son père au sujet de ces concertos écrits plus par nécessité que par passion, Mozart avoua que la flûte le rendait complètement « gleich stuff », c’est-à-dire « mal à l’aise ». Gageons que la contrainte sied aussi aux génies. Par la fraîcheur et la joie simple qui émanent de ces trois œuvres, Mozart nous installe en béate lévitation.

 

Comme Jordi Savall, François Lazarevitch et ses Musiciens de Saint-Julien ont réussi à faire de leurs parutions discographiques des événements que l’on guette.
Le Devoir Christophe Huss