Léonie et Noélie

Nathalie Papin / Karelle Prugnaud / Cie L’Envers du décor

Léonie et Noélie ont seize ans. Elles sont jumelles monozygotes. Des toits d’une ville, elles contemplent l’incendie qu’elles ont provoqué et jaugent leurs défis presque atteints. Pour l’une, le contrôle parfait des mots. Pour l’autre, l’art du funambule. Elles repoussent toutes les limites de la vie pour mieux dépasser les humiliations de leur enfance. Elles sont fortes, elles sont deux, elles sont une. Jusqu’à quel point ?

Chez Léonie et Noélie, il n’y a pas d’argent, si bien qu’elles n’ont qu’un cartable et une paire de chaussures pour deux et doivent alterner les jours d’école, chacune son tour. Quand l’une va en classe, l’autre reste dans sa chambre. Une enfance à moitié vécue.
Tout autant récit initiatique que réflexion profonde sur la gémellité, l’autre, la solitude et la soif de reconnaissance, cette pièce de Nathalie Papin (Grand prix de littérature dramatique jeunesse 2016) donne le vertige, dans tous les sens du terme. A La Coursive, on se souvient de la très belle version de son Pays de rien montée par Betty Heurtebise.
Chose rare, c’est l’auteure elle-même qui a proposé à Karelle Prugnaud de créer la pièce, probablement séduite par son éclectique parcours de comédienne, metteuse en scène et performeuse. Depuis une quinzaine d’années, l’ancienne acrobate invente, avec sa compagnie L’envers du décor, des spectacles pluridisciplinaires entre théâtre, danse et cirque. Les Subsistances (Lyon), le Théâtre du Rond-Point ou le Théâtre national de la Colline (Paris), entre autres, ont ainsi accueilli nombre de ses créations. C’est cette fois au Festival d’Avignon 2018 que naît Léonie et Noélie.
Sur le plateau, deux comédiennes donnent la réplique à deux athlètes spécialistes du « parkour », discipline sauvage et acrobatique née dans les barres d’immeuble des banlieues françaises. Une alliance de force et d’esthétique. Sacrée promesse.