Le Petit Poucet

Simon Falguières / Cie le K

Une table de bois, un tulle de tissu et quelques marionnettes en torchon nous embarquent dans un monde féérique. Avec trois fois rien, Le Collectif du K bricole un univers merveilleux peuplé d’enfants débrouillards et d’adultes au désespoir, de loups et d’ogres poètes. Ce Petit Poucet est un délicat moment de théâtre.

Le Petit Poucet fait partie des grands contes, de ceux qui marquent l’enfance, d’abord par sa violence, par la peur attractive qui s’en dégage, puis par l’identification au petit héros malingre que nous avons tous ressentie. C’est une histoire sociale aussi, celle de la misère noire, celle d’un père et d’une mère qui font le choix d’abandonner ceux qu’ils aiment le plus au monde, sachant qu’ils ne pourront plus les nourrir. Pour Simon Falguières, c’est davantage une histoire d’amour que de trahison.
Les thèmes du Petit Poucet sont ainsi éternels, fascinants, cachant des recoins qui, finalement, nous dépassent. La pauvreté, l’abandon, la dévoration des ogres, riches et puissants… Mais aussi l’espoir, l’héroïsme, le rêve, le merveilleux qui sauve, toujours, les enfants courageux.
Entre théâtre d’ombre et marionnettes, deux comédiens font fantastiquement vivre l’histoire de Poucet. La première partie est celle du foyer, où les rires de la fratrie sont remplacés par l’angoisse des parents. La seconde nous emporte dans la forêt des songes. On y entend les loups hurler dans la nuit et chaque bruit est un monstre tapi, lorsqu’au loin, des lumières chatoyantes éclipsent la pénombre. C’est la maison de l’Ogre…
Le Petit Poucet est une pièce gracieuse pour petits et grands, pleine de trouvailles visuelles et langagières et, surtout, gorgée d’une infinie poésie. Celle du théâtre et de l’imagination sans limite.

Poucet est une marionnette de chiffon, tel un doudou qui se manipule. La lumière crée un théâtre d’ombres en deux dimensions, un conte merveilleux en noir et blanc. La couleur apparaît quand revient l’espoir. Relikto.fr