Le Petit Chaperon rouge

Joël Pommerat / Cie Louis Brouilard

Le puissant Cendrillon, le choc Ça ira (1) Fin de Louis, le bouleversant Pinocchio… Il manquait au tableau d’honneur de La Coursive la plus fameuse des créations estampillées « jeune public » de Joël Pommerat, sa toute première, le désormais iconique Petit Chaperon rouge.

Depuis plus de quatorze ans maintenant, ce spectacle se promène sur les scènes de France et de Navarre, avec au moins mille représentations à ce jour, un record. Le Petit Chaperon rouge version Pommerat est un envoûtement. Il a tout simplement révolutionné le genre.
La trame du conte est connue. Sa version scénique par la Compagnie Louis Brouillard est pourtant étonnante. Joël Pommerat, comme à son habitude, s’empare de la matière première et la malaxe, la triture, la fusionne avec ses propres angoisses pour mieux se la réapproprier, la réinventer et créer quelque chose de neuf. Quelque chose d’éminemment contemporain, tant dans sa forme que son écriture, faite d’humour et de cruauté intimement tressés. Une pièce qui raconte les enfants d’aujourd’hui.
Sans chevillette ni bobinette, il était une fois, une petite fille qui s’ennuyait ferme, seule avec une mère débordée et oppressante. La traversée de la forêt, pour aller voir sa grand-mère, devint alors une excitante promesse d’aventure. Mais dans les coins sombres peut rôder le danger : le loup et sa voix suave, son charisme et sa dangereuse séduction… Tout Pommerat est là. Magistral.

Le Petit Chaperon rouge, c’est un peu le «tube» de l’auteur-metteur en scène français qui, désormais, est connu comme le loup blanc dans toute l’Europe, où ses spectacles s’arrachent. Le Monde