Le Paradoxe de Georges

Yann Frisch / Cie L’Absente

Formé au jonglage et au clown à la célèbre Ecole de cirque du Lido à Toulouse, Yann Frisch est aussi fasciné depuis l’enfance par les techniques magiques. Devenu champion de France puis d’Europe de magie en 2011 avec le numéro Baltass, il est même sacré en 2012 champion du monde de magie close-up avec ce numéro, qui crée le buzz sur Youtube avec plus de quatre millions de vues en trois semaines. Sa dernière création, Le Paradoxe de Georges, est tout aussi bluffante !

Yann Frisch, aux commandes de son camion-théâtre flambant neuf, a effectivement inventé un spectacle vertigineux, où l’illusion est reine… mais pas seulement. En effet, si ce champion du monde est effectivement un virtuose, un hallucinant manipulateur de cartes à jouer (et de consciences), l’artiste est avant tout un poète. Un philosophe. Un chercheur, aussi. Avec son personnage de clown lunaire et troublant dans Le Syndrome de Cassandre, il posait déjà les jalons d’un univers singulier.
Avec son camion-théâtre, le fer de lance de la « magie nouvelle » et génie de la cartomagie a construit un écrin à sa (dé)mesure. Un gradin de quatre-vingt-dix places y fait face à une petite scène habitée d’un gramophone, d’une bibliothèque, d’une table et d’un fauteuil. Yann Frisch nous y reçoit confortablement chez lui. Là, devant nos yeux écarquillés, il fait valser la réalité, les apparences, ce que l’on sait ou que l’on croit savoir, ce que l’on ressent, ce que l’on voit ou que l’on croit voir.
A la fois prolixe et visuel, Le Paradoxe de Georges nous emporte de l’autre côté du miroir en joignant la parole au geste, dans une réflexion capable de briser nos certitudes. Alors si ce n’est pas de la magie, qu’est-ce que c’est ?

Cette virtuosité est évidemment jouissive, mais l’essentiel, pourtant, se joue ailleurs, dans le rapport que Yann Frisch instaure avec les spectateurs (le garçon a aussi du talent pour le stand-up), à la fois hypnotisés, hilares et déstabilisés. Le Monde

Le seul truc à comprendre, en définitive, c’est qu’avec Yann Frisch, il n’existe d’apparences que trompeuses. Libération

L’art singulier de Yann Frisch n’est pas circonscrit à son incroyable virtuosité et aux récits dans lesquels, volubile, il enchâsse des tours tous aussi époustouflants les uns que les autres. Le Figaro