LA RÉPONSE DES HOMMES

Tiphaine Raffier / La femme coupée en deux

Avec neuf histoires percutantes, Tiphaine Raffier interroge le sens de nos actions morales avec autant d’acuité que d’intensité. À trente-sept ans, elle s’impose par son audace et son intelligence comme l’une des créatrices les plus importantes de sa génération.

Au départ, c’est un projet qui a l’allure d’un exercice de style. Tiphaine Raffier s’est mise en tête d’écrire neuf fictions courtes pour illustrer les œuvres de miséricorde, ces actions de bienfaisances que doivent accomplir les chrétiens dans l’Évangile selon Saint-Matthieu : « donner à manger aux affamés », « vêtir ceux qui sont nus », « accueillir les étrangers », « visiter les prisonniers »… À l’arrivée, c’est une pièce au souffle sidérant qui n’a rien de scolaire.
Tiphaine Raffier ausculte nos principes éthiques, interroge notre faculté au pardon, pointe les limites de l’empathie et montre l’ambivalence des sentiments. Rarement, le questionnement moral n’aura paru aussi palpitant. Rarement, nos certitudes n’auront été bousculées avec autant d’intelligence.
On découvrira, entre autres, une altruiste militante d’ONG incapable d’aimer son propre bébé, un jeune homme gravement malade espérant la mort de son prochain pour récupérer un rein, une famille aimante qui va s’entredéchirer à propos d’un secret…
Toujours, l’écriture est ciselée, le ton mordant (et souvent drôle) et la direction d’acteurs remarquable. Programmée pour l’édition annulée du Festival d’Avignon en 2020, La Réponse des hommes s’impose comme l’un des rendez-vous incontournables de cette saison.

Tiphaine Raffier réussit ici son ambitieux pari en affirmant son style. Elle s’empare avec gourmandise des dispositifs scéniques et convoque tous les genres artistiques.
Télérama Emmanuelle Bouchez
 
La Réponse des hommes a une grande et rare vertu, elle met le spectateur face à lui-même, dans l’inconfort salutaire qui invite à penser contre soi.
Le Monde Brigitte Salino
 
Les émotions des personnages s’additionnent, s’enchevêtrent dans une sensation de tourbillon, on passe sans crier gare de l’harmonie à la dissonance, de l’expérience à l’analyse.
JDD Alexis Campion