Insula Orchestra

Beethoven / Schubert / Laurence Equilbey / Alexandra Conunova

Fondatrice et directrice artistique de l’ensemble Accentus, référence incontournable des musiques vocales, Laurence Equilbey s’est aussi imposée au sein du cercle encore très masculin des grands chefs d’orchestre. C’est à la tête de son propre ensemble instrumental, l’Insula Orchestra, que nous avons le plaisir de la recevoir avec un programme consacré à deux monstres sacrés du romantisme.

Accueillie déjà à La Coursive avec Accentus, Laurence Equilbey a fondé en 2012 une nouvelle phalange, l’Insula Orchestra, respectueuse des oeuvres, mais se jouant aussi de manière innovante des codes de la musique classique. La direction précise et subtile de Laurence Equilbey, associée à la vitalité de l’orchestre, séduit en France et à l’international. Implantée avec son ensemble à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt, la cheffe a su convaincre l’un des plus beaux talents émergents du moment de tenter l’aventure de l’interprétation sur instrument d’époque, signature musicale de l’Insula Orchestra. La violoniste Alexandra Conunova a ainsi
approché pour la première fois les cordes en boyaux. Et quelle découverte ! Jamais, dit-elle, elle ne s’était sentie aussi proche de la pensée et du sentiment du compositeur.
Tout juste fiancé, Beethoven acheva dans l’urgence l’écriture de son Concerto pour violon à quelques jours de sa création. Exalté et pressé, le compositeur offre au violon-solo une grande liberté pour développer l’élément mélodique, qui souligne la richesse de l’orchestration. Composée en 1816, la Symphonie n°4 « Tragique » révèle l’influence de Beethoven sur le jeune Schubert. Pour sa première symphonie en tonalité mineur, Schubert écrit en ut mineur qui n’est autre que la tonalité de la Cinquième symphonie de Beethoven. L’ampleur de l’effectif instrumental, l’objectif d’unité rappellent également la filiation avec l’oeuvre de Beethoven. Plus qu’une oeuvre traduisant l’admiration pour son aîné, la Symphonie « tragique » annonce le génie de Schubert.

Laurence Equilbey sait conjuguer souplesse et énergie pour obtenir de l’Insula Orchestra un engagement exemplaire. LE MONDE