Huit heures ne font pas un jour

Rainer Werner Fassbinder / Julie Deliquet / TGP CDN Saint-Denis /// artiste associée

Après l’adaptation des films Fanny et Alexandre d’Ingmar Bergman et Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin, Julie Deliquet crée Huit heures ne font pas un jour, inspiré d’une mini-série de cinq épisodes, née de l’imagination fertile du cinéaste et dramaturge Rainer Werner Fassbinder et diffusée à la télévision allemande en 1972. Saga familiale et ouvrière post-Mai 68, ce feuilleton dépeignait une galerie de personnages solidaires, joyeux et émancipés. Une adaptation inédite au théâtre.

Les Krügger-Epp composent une famille typique de la classe ouvrière allemande des années 1970, impliquée dans les grands mouvements de son époque : luttes sociales, droits de la femme et de l’enfant, possibilité de se loger dignement à la retraite, premières tentatives d’autogestion… Jochen, le petit-fils, ouvrier toujours prêt à lutter pour plus de justice sociale, rencontre Marion, une jeune femme moderne qui travaille dans un journal local. Ce sera, entre ces deux-là, le début d’une grande histoire d’amour…
Énorme succès en Allemagne, méconnue en France, cette œuvre connaît ici sa toute première version théâtrale. La metteuse en scène a choisi d’orienter la riche matière du feuilleton de Fassbinder en suivant les péripéties de ces hommes et ces femmes à l’usine dans un esprit sériel destiné à toute la famille.
Par leur énergie positive, leur humour, leur sincérité, les personnages émouvants de cette saga nous emmènent dans une vaste épopée professionnelle et familiale. Ils partagent l’espoir d’une société heureuse et épanouie, plaçant l’imagination au pouvoir, quitte à faire preuve d’insolence ! Entre la rue, l’arrière-salle et l’atelier, l’union fait ici la force dans une vision utopiste de la vie ouvrière, menée par treize acteurs totalement engagés dans cette aventure scénique.

Une saga magnifique au cœur du monde ouvrier où l’utopie et la lutte, l’humour et l’amour s’épaulent, où les quatorze actrices et acteurs réunis forment une formidable troupe. On rit, on rage, on rêve. Quel bonheur !  Jean-Pierre Thibaudat – Médiapart

 

Comme pour Un conte de Noël magnifiquement adapté du film d’Arnaud Desplechin, Julie Deliquet s’appuie sur une troupe talentueuse qu’elle entraîne à sa suite avec une aisance bluffante. Nathalie Simon – Le Figaro