Deux villes fantômes

Nicolas Kerszenbaum / Norge Espinosa / Cie franchement, tu

Deux villes : La Havane et Paris. Deux couples. L’un cubain, rêve d’aller à Paris. L’autre français, désire s’installer à La Havane. Mais aucun ne partira. Deux villes fantômes est un projet original, constitué de deux formes courtes qui se jouent l’une après l’autre, se répondent et s’interrogent, nous interrogent, sur la représentation d’un ailleurs fantasmé.

Imaginée entre Cuba et La Rochelle, suite notamment à une résidence au Centre Intermondes, cette pièce singulière prend place dans une même scénographie minimaliste. Comme en miroir, Nicolas Kerszenbaum écrit Et puis s’éteint, le texte français, et Norge Espinosa Photos de La Havane sous la neige, le texte cubain. La pièce « parisienne » est interprétée par deux comédiens français et la pièce « havanaise » par deux comédiens cubains. Chacune des pièces est surtitrée. Ce dispositif particulier fait de ce spectacle une proposition à la fois étonnante et pleine de sens.
À Paris, dix ans durant, Daphnée et Simon s’aiment puis se séparent, mais gardent le même rêve commun de partir un jour à Cuba, fascinés par la dimension socialiste de l’île, engagés dans une gauche idéalisée. À La Havane, Camilo et Adélaïda veulent organiser à Paris une exposition de photos des premiers jours de la Révolution cubaine. Alors que Camilo brûle de s’exiler, Adélaïda hésite à tout plaquer : Paris ressemblera-t-elle vraiment aux images qu’elle a en tête ?
Dans ce diptyque iconoclaste, deux visions du monde se confrontent et, en creux, se dessine un regard croisé sur les relations Nord-Sud.

Dans un subtil jeu de ping-pong, les textes des deux auteurs se répondent et posent en filigrane cette question : quelle forme de voyage reste-t-il à faire aujourd’hui ? Chroniques d’Aliénor