Cold Blood

Michèle Anne De Mey / Jaco Van Dormael / Collectif Kiss & Cry

Dans une succession de décors miniatures filmés en direct et diffusés sur grand écran, un ballet de doigts joue tous les personnages d’une histoire onirique, hantée par la mort et magnifiée par la vie. Cold blood est une merveille d’inventivité et de poésie. Un enchantement.

Après le succès retentissant de leur premier spectacle, Kiss & Cry, la chorégraphe Michèle Anne de Mey, le cinéaste Jaco van Dormael (Toto le héros, Le Huitième jour, Le Tout Nouveau Testament…) et l’écrivain-scénariste Thomas Gunzig ont conçu ce nouvel opus absolument étonnant.
Un grand écran, des décors minuscules, quelques caméras et beaucoup, beaucoup de talent et d’imagination. Ici, ce sont les mains qui dansent. Un geste inédit que cette « nano-danse » du bout des doigts, mêlée de cinéma, ainsi que d’astucieuses trouvailles visuelles et scéniques que n’aurait pas renié Méliès. Cold blood est aussi un mélange de nostalgie et d’humour, d’émotions à fleur de peau, racontées par la pulpe et la grâce de mains expertes. Ici, un numéro de claquettes avec des dés à coudre ; là, un ballet de mains aquatique façon Esther Williams ; là encore, un bouleversant travelling dans une maison de poupée, une ville endormie ou un troublant numéro de peep-show entre index et majeur… Chaque instant de ce spectacle virtuose semble habité par la beauté du jeu enfantin. Comme un canevas de bricolages poétiques.
Kiss & Cry (qui a depuis donné son nom au collectif), couvert de prix en Belgique, avait charmé plus de deux-cent-mille spectateurs par-tout en Europe et au Canada. Après déjà deux saisons de tournées, la belle histoire de Cold blood est partie sur la même route du succès, celle de l’expérimentation sensible et du rêve palpable. Fort.

Le spectacle procure un plaisir aussi vif que le précédent. Cold blood part de la mort pour raconter des instants de vie et voyager dans le temps. C’est une chose bien troublante et merveilleuse qu’a inventée Michèle Anne de Mey avec sa nano danse. Le Monde