António Zambujo Quartet

Au Portugal, António Zambujo est une star. De celles qui ne peuvent faire quelques pas dans les rues pavées de Lisbonne sans être immédiatement reconnues. Il conjugue avec bonheur chanson traditionnelle portugaise, rythmes jazz et bossa-nova au détour de chacune de ses chansons. En digne héritier d’Amalià Rodrigues, guitare en bandoulière et émotions à fleur de peau, le prince du fado revisité sera sur la scène de La Coursive accompagné d’un trio.

Son histoire débute à Beja, petite ville nichée dans les collines sèches de la région de l’Alentejo, où il entreprend l’étude de la clarinette. Marqué par le cante alentejano, le chant polyphonique traditionnel, il manifeste aussi très tôt un goût pour le fado, la guitare et part s’installer à Lisbonne. Il y devient très vite l’un des artistes attitrés du Clube de Fado, célèbre maison du quartier de l’Alfama. En 2007, António Zambujo publie l’album Outro sentido chez Harmonia Mundi et son audience devient internationale. Au Brésil, où il est en tournée en 2009, sa sensualité et sa formidable décontraction rythmique tapent dans l’oreille de l’immense Caetano Veloso, qui le compare au créateur de la bossa-nova, Joao Gilberto.
Avec son contrebassiste et arrangeur Ricardo Cruz, il dessine un son raffiné, pèse chaque vers et le colore de façon unique, au filtre d’une voix qui transcende les frontières du chant traditionnel portugais et de la saudade. Cette voix à la beauté singulière réunit en elle le masculin et le féminin. Elle miroite de nuances ambrées et n’hésite pas à voyager vers le jazz, la bossa-nova ou même le blues américain.
Avec son huitième album Do avessoA l’envers »), il explore de nouveaux horizons musicaux et mélodiques, qui résonnent telle la bande son d’un Lisbonne jeune et populaire, joyeusement tourné vers le futur mais fier de ses racines. Il sera accompagné sur scène de trois musiciens (piano, contrebasse et guitare portugaise) pour un concert intimiste, réinventant tout simplement le fado avec un naturel éblouissant. Un crooner solaire.

António Zambujo, si vous ne le connaissez pas, mesurez votre chance. Huit albums (dont ce dernier) vous attendent, et la vie vous sera plus légère à l’entendre (même s’il chante souvent des douleurs profondes).FRANCE INTER