Angélique Kidjo

Celia

Elle est sans conteste l’une des plus grandes voix du continent africain, une femme engagée, une artiste d’exception au timbre de cristal et à l’énergie rayonnante. Angélique Kidjo sera à La Coursive en octobre pour présenter Celia, un album hommage à sa « soeur » caribéenne, l’immense Celia Cruz. Et c’est un honneur que de recevoir cette grande dame.

Le 11 novembre 2018, à Paris, bravant une pluie battante dans sa longue robe bleue électrique, Angélique Kidjo chantait Blewu, un hommage vibrant aux tirailleurs sénégalais, sous l’Arc de Triomphe, devant les puissants du monde entier. Soixante-dix chefs d’états restaient bouche bée devant la présence intense de la diva béninoise, marquant la commémoration du centenaire de l’Armistice de la Grande Guerre. Frissons.
Née au Bénin d’une famille progressiste où la culture faisait religion, Angélique Kidjo s’installe à Paris en 1983 et voit rapidement sa carrière décoller. Le producteur Chris Blackwell (compagnon de route de Bob Marley) la repère et les États-Unis se l’arrachent dès le début des années 90. Peter Gabriel, Youssou N’Dour, Quincy Jones… les collaborations pleuvent, les albums et tournées monstres s’enchaînent jusqu’à l’obtention d’un Grammy Awards, en 2007. Deux autres suivront. Un concert triomphal dans la mythique enceinte du Carnegie Hall à New York, en 2010, célèbrera définitivement les noces de la chanteuse avec le public américain.
Son projet Celia consiste en un exercice périlleux qu’elle adore : celui de la relecture. Ce disque, loin de copier une énième fois la musique cubaine, rayonne d’une énergie singulière, magnétique, entre afro-beat, zestes orientalisants et percussions béninoises, le tout sublimé par les sonorités de la langue yoruba. Du grand art.

Angélique Kidjo reconnecte la salsa originale à l’Afrique de l’ouest. NEW YORK TIMES