Festen

d’après Thomas Vinterberg, Mogens Rukov, Bo Hr. Hansen  / Cyril Teste / Collectif MxM 

Autour du patriarche, la famille et réunie. Autour d’un ignoble secret, elle se désintègrera. En 1998, le Festival de Cannes avait reçu le film Festen en pleine face. Vingt ans plus tard, Cyril Teste en décuple avec maestria sa violence sourde à la scène. Une claque.

Dans une maison cossue, une table, immense. Au-dessus, un écran où chaque visage est scruté dans ses moindres détails. Un duel à mort peut alors commencer entre Christian, l’exilé, et son père, Helge, figure parfaite du démiurge familial. Mickaël, l’aîné, est un feu follet incontrôlable. L’ombre d’une sœur suicidée plane jusqu’au premier toast de la soirée, où la vérité crue, atroce et nue, éclate. C’est le début d’une longue nuit d’abjection. Une défaite de famille. L’enfance perdue, l’inceste, la violence, le racisme… il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.
A l’image du fameux Dogme 45 des réalisateurs danois Thomas Vinteberg et Lars Von Trier dans les années quatre-vingt-dix, prônant l’âpreté d’un cinéma radical, Cyril Teste et son collectif travaillent à une écriture nouvelle, où s’étreignent théâtre et cinéma, travail dramaturgique et images vidéo. Son précédent spectacle, Nobody, en établissait la charte en sept grands principes et jouait déjà avec la performance filmée. En revisitant le long métrage de Vinterberg, il pousse encore plus loin cette mécanique de narration diaboliquement intelligente. Après avoir triomphé au Théâtre de l’Odéon, à Paris, Festen part d’ailleurs dans une tournée monstre.
Huis clos étouffant dans une scénographie grandiose, éblouissant de précision, d’inventivité et servi par une troupe d’acteurs à l’énergie subtile, Festen est une œuvre bouleversante et sophistiquée. Un spectacle de haut vol.

On reste confondu devant sa virtuosité. Ebloui par l’ingéniosité du dispositif scénique. […] Brillantissime. On peut dire de Monsieur Teste ce que Valéry disait de son homonyme : la bêtise n’est pas son fort. L’Obs