ZOMBI CHILD

BERTRAND BONELLO

Haïti, 1962. Un homme est ramené d’entre les morts pour être envoyé de force dans l’enfer des plantations de canne à sucre. Cinquante-cinq ans plus tard, au prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur à Paris, une adolescente haïtienne confie à ses nouvelles amies le secret qui hante sa famille. Elle est loin de se douter que ces mystères vont persuader l’une d’entre elles, en proie à un chagrin d’amour, à commettre l’irréparable…

[…] J’aimais ce retour aux origines profondes d’un phénomène mondialement connu, et important dans mon rapport fondateur au cinéma puisque, comme spectateur, j’y suis venu par le genre. Zombie est l’orthographe américaine. Zombi, c’est le zombi originel, qui est une figure profondément inscrite dans l’histoire et la culture d’Haïti. Il résulte d’un usage mauvais du vaudou, quelque chose dont on ne parle pas, dont certains nient souvent l’existence. Pourtant, tout le monde là-bas sait comment se déplace et comment parle un zombi… Le film est documenté avec précision… Un livre important, L’Île magique. Les Mystères du vaudou de William Seabrook, paraît en France en 1928. Cinq ans après sort Les Mortsvivants (White Zombie) de Victor Halperin, avec Béla Lugosi. L’orthographe change, ainsi que la signification politique du zombi, dont son rapport à
l’esclavage. Elle disparait, même si on la retrouve transformée chez un cinéaste comme George A. Romero. Le zombie américain garde de l’haïtien sa démarche, sa lenteur, mais pas sa fonction. Il est un vrai mort, ce qui n’est pas le cas de l’haïtien : lui est suspendu quelque part entre la vie et la mort. Et c’est un aspect qui m’a fasciné, ce lien entre la vie et la mort qui continue à se faire là-bas, alors que nous l’avons rompu depuis les Grecs…
BERTRAND BONELLO in DOSSIER DE PRESSE