VITALINA VARELA

PEDRO COSTA

Vitalina Varela, une Cap-Verdienne de cinquante-cinq ans, arrive à Lisbonne trois jours après les obsèques de son mari. Elle a attendu son billet d’avion pendant plus de vingt-cinq ans…

Je me suis aussi dit que ma rencontre avec Vitalina pouvait me donner l’occasion d’aborder un autre aspect de l’histoire de la diaspora capverdienne – l’histoire des femmes. […] Elle me parlait d’elle, de son mari qui avait migré, de ses deux enfants, de sa vie de paysanne au Cap-Vert, de sa vie d’immigrée à Lisbonne… […] Je me disais qu’elle pouvait être la star d’un film sur sa propre vie, un film qui serait centré sur ses propres souvenirs et ses propres expériences. […] Pour moi, ce film parle de gens qui sont au bord du désespoir et de leur lutte – une lutte intérieure, au plus profond de leur être, ainsi qu’une lutte extérieure. […] J’ignore à quel stade du capitalisme nous nous trouvons actuellement, s’il s’agit d’un stade de progrès ou d’effondrement… Mais je ne veux pas travailler sur autre chose que sur cette incertitude. C’est un sujet difficile, relativement risqué, mais les scénarios sans danger ne m’intéressent pas.

PEDRO COSTA – ENTRETIEN AVEC MICHAEL GUARNERI, DÉBORDEMENTS.FR, NOV 2019