UN MONDE

LAURA WANDEL

Nora entre en primaire lorsqu’elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l’incite à réagir, son besoin de s’intégrer et son frère qui lui demande de garder le silence, Nora se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté.

Plongée à hauteur d’enfants dans la violence des écoles. Ce thriller ultra réaliste nous saisit à la gorge par sa tension psychologique et son empathie poignante. Un premier film d’une maîtrise impressionnante.

Très tôt, j’ai eu cette intuition de filmer ainsi, d’adopter ce point de vue immersif pour être au plus près de ce que vit et ressent Nora, pour que le spectateur se projette dans cette histoire et y projette des éléments de son propre vécu. Le spectateur n’a accès qu’à ce à quoi Nora a accès. Il n’y a pas d’autre point de vue que le sien. Les limites du cadre délimitent la perspective de son regard. Tout est au service de Nora, de sa perception. Elle ne perçoit que des bribes du monde environnant. Donc, dans le film, on ne perçoit que des bribes de corps, d’espaces, tout est diffus, à hauteur d’enfant. L’école est perçue comme une sorte de monstre qui peut avaler Nora. Cette sensation passe aussi par le son. Il n’y a rien de plus assourdissant qu’une cour de récréation, et ce bruit est aussi une forme de violence. Les enfants extériorisent leur joie, crient, ce qui est une façon de conquérir sa place.

LAURA WANDEL – in DOSSIER DE PRESSE