UN FILS

MEHDI M. BARSAOUI

Fares et Meriem filent des jours heureux avec Aziz, leur fils de neuf ans. Durant un séjour dans le sud de la Tunisie, un événement tragique vient changer le cours de leur vie. Alors qu’une course contre la montre s’enclenche, des vérités enfouies commencent à refaire surface.

Révélé en septembre à la Mostra de Venise où il a obtenu deux prix, celui du jury oecuménique et celui, mérité, du meilleur acteur pour Sami Bouajila dans la section Orizzonti, ce premier long métrage est un drame puissant
questionnant la notion de parentalité dans une Tunisie à l’aube d’une transition politique et sociale.

La Tunisie peut être un pays progressiste, notamment sur la question
des droits des femmes, que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle.
Mais, nous avons en même temps, des lois liberticides, comme
celle qui punit les couples adultérins de cinq ans de prison ferme.
C’est tout le paradoxe de ce pays d’être à la fois avant-gardiste et
très réactionnaire. […]
C’était essentiel pour moi de placer l’action du film en 2011, année
charnière pour la Tunisie comme pour le monde arabe. Le pays a connu
de vrais changements, que ce soit sur les plans politique, social ou
religieux. Cette année-là a marqué le début d’une mutation, à l’image
de la famille du film dont les repères vont être complètement secoués.
J’ai voulu filer cette métaphore entre la trajectoire des personnages et
celle du pays.
MEHDI M. BARSAOUI
PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXIS DUVAL, LE MONDE 13 NOVEMBRE 2019