TU MOURRAS À 20 ANS

AMJAD ABU ALALA

Par ce premier long-métrage de fiction, Amjad Abu Alala, réalisateur soudanais habitué du documentaire et ancien élève d’Abbas Kiarostami, impose d’emblée toute l’étendue de son talent et confirme, après la récente sortie de Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari, la vitalité du cinéma soudanais.

Soudan, province d’Aljazira, de nos jours. Peu après la naissance de Muzamil, le chef religieux du village prédit qu’il mourra à ving ans. Le père de l’enfant ne peut supporter le poids de cette malédiction et s’enfuit. Sakina élève alors seule son fils, le couvant de toutes ses attentions. Un jour, Muzamil a dix-neuf ans….

Votre dernier court métrage, « Studio», en 2012, était supervisé par le cinéaste iranien Abbas Kiarostami. Que vous-a-t-il appris ?
AMJAD ABU ALALA : Je lui ai montré le court métrage que je venais de terminer, Tina, mon premier film tourné de façon vraiment professionnelle. Le résultat était correct, mais il y avait quelque chose que je n’aimais pas dans ce film et Abbas Kiarostami m’a aidé à comprendre quoi : il m’a montré qu’au cinéma la technique compte moins que l’humain. Il parlait de nos films plutôt que des siens, son influence a été réelle. J’ai toujours aimé le cinéma iranien, et je crois qu’il n’est pas très éloigné de ce que nous essayons de faire au Soudan : les cinéastes iraniens ont lutté contre le régime islamique pour continuer à raconter les histoires qui leur paraissaient importantes. C’est ce que j’ai tenté de faire avec ce premier film.
in DOSSIER DE PRESSE