TOUS LES AUTRES S’APPELLENT ALI

RAINER WERNER FASSBINDER

Dans un bar fréquenté par des travailleurs immigrés,
Emmi, veuve d’une soixantaine d’années, fait la
connaissance d’Ali, un Marocain de vingt ans de
moins qu’elle…

C’est en 1971, à la suite d’une rétrospective à la
Cinémathèque de Munich, que Fassbinder rencontre
Douglas Sirk. Cette rencontre avec l’oeuvre et l’homme
fut décisive. Elle se concrétise, du côté de Sirk, par la
réalisation, en 1978, d’un court métrage Bourbon Street
Blues, dont Fassbinder est l’interprète. Du côté de
Fassbinder, scellant la fin de l’Anti Theater, elle marque
un tournant, une rupture essentielle dans l’oeuvre.
Il abandonne l’esprit des films noirs par lesquels il
a commencé, pour se consacrer exclusivement
au mélodrame. L’effet est immédiatement sensible:
c’est Le Marchand des quatre saisons, où l’orgueil
inébranlable de la mère peut être comparé au mépris
de Robert Keith pour Robert Stack et Dorothy Malone
dans Écrit sur du vent. On sait que Tous les autres
s’appellent Ali est un remake de Tout ce que le ciel
permet, le thème du travailleur immigré ayant été
rajouté à l’histoire originelle d’un homme aimant une
femme de quinze ans plus âgée que lui…

YANN LARDEAU – in RAINER WERNER FASSBINDER,
ED. CAHIERS DU CINÉMA, COLL. AUTEURS