SUNSET

LÁSZLÓ NEMES

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Írisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé… Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé. Cette quête va l’entraîner dans les méandres d’un monde au bord du chaos…

Comment est né ce projet et s’agit-il d’une histoire originale?
LÁSZLÓ NEMES : C’est un projet que je portais en moi, avant même de réaliser Le Fils de SaulSunset vient d’obscures interrogations personnelles sur l’Europe centrale, sa littérature, son cinéma, sa peinture et même sa photographie. Je ne suis parti de rien de spécifique, mais plutôt d’impressions. Rétrospectivement, je pense que des écrivains comme Kafka et Dostoïevski ont eu un certain impact sur moi… C’est fascinant comme Kafka donne le sentiment qu’il est parfaitement naturel qu’il existe des obstacles infranchissables. C’est tout à fait le contraire de ce que représente le nouveau monde américain, à savoir la promesse que tout est faisable. En Europe de l’Est, rien n’est faisable. En tout cas, le récit lui-même est totalement original.

On a parfois, l’impression qu’Írisz projette ses sentiments sur les choses…
L. N. : Plus le film avance, plus on entre dans la vision de la protagoniste avec ses carences. Je n’ai pas voulu faire un film d’histoire, ni un film politique, ni un film social, ni tracer un chemin balisé. Au contraire, j’ai voulu que le spectateur s’immerge dans le monde représenté pour qu’il suive au plus près Írisz et s’interroge sur la véracité de ce qu’elle voit et ressent.
PROPOS RECUEILLIS PAR M. CIMENT ET J.-C. FERRARI – in DOSSIER DE PRESSE