AD ASTRA

SOIRÉE JAMES GRAY

Un homme part au bout de l’univers pour sauver du même coup sa vie et l’humanité. Avec son septième film, le réalisateur américain réussit une œuvre aussi ample qu’intimiste. Un chef-d’oeuvre.

Comment en finir avec son père ? C’est la question infinie du cinéma de James Gray, posée dès Little Odessa (1994). Le père, ou plus largement la famille, c’est cet astre qui alternativement attire et repousse, à qui on ne survit que par la trahison (The Yards), trahison dont on peut ne jamais se remettre (La Nuit nous appartient). Et si on cède à son magnétisme gravitationnel, il vous entraîne avec lui au cœur de ténèbres dont on ne revient pas (le très conradien Lost City of Z). À cette question infinie, Ad Astra offre un cadre infini. […] La mise en espace dilate, agrandit, amplifie le nœud œdipien ; et en même temps, elle le dépouille, l’épure. Jamais le scénario grayen n’a jamais été aussi nu, linéaire, limpide, à l’os.
JEAN-MARC LALANNE – LES INROCKUPTIBLES, 17 SEPT 2019