SI LE VENT TOMBE

NORA MARTIROSYAN

Auditeur international, Alain débarque au Haut-Karabagh, république auto-proclamée du Caucase, afin d’expertiser la possibilité d’ouverture de son aéroport. Au contact des habitants et d’un mystérieux enfant, Alain s’ouvre à un monde nouveau et risque le tout pour le tout.

Comment avez-vous travaillé la lumière naturelle avec le chef opérateur ?
NORA MARTIROSYAN : C’est un film climatique ! Le film commence par une matinée grisâtre, nuageuse et à partir du moment où le héros sort de la piste, il devient solaire, lumineux, pour redevenir dans sa dernière partie gris et nuageux. Le chef opérateur a fait un travail sublime pour les intérieurs comme par exemple avec la maison d’Edgar, qu’on découvre le soir ou tôt le matin. De la même manière, l’aéroport est très différent selon la manière dont il est éclairé.

Cet aéroport existe. Cristallise-t-il tous ces enjeux politiques ?
N. M. : L’aéroport est l’un des enjeux parmi les nombreux autres à l’oeuvre dans le pays. J’ai choisi cet aéroport pour sa modernité, son ancrage territorial, sa folie. Il pouvait incarner un espoir car visuellement et architecturalement, il est intéressant pour le film. Je connais le directeur de cet aéroport qui promet depuis dix ans que, pour ma prochaine visite, je viendrai en avion mais il n’a pas les autorisations nécessaires […] Une guerre très violente a déjà éclaté au même moment que celle de Yougoslavie, ce qui a eu pour conséquence de l’éclipser. [NDLR : Aujourd’hui le conflit entre l’Arménie et L’Azerbaïdjan a repris au Haut-Karabagh et cristallise des tensions entre plusieurs puissances régionales.]
in DOSSIER DE PRESSE