ROUTE ONE / USA

ROBERT KRAMER

Doc, double du cinéaste, revient aux États-Unis après dix ans d’absence et sillonne le pays du nord au sud, du Maine à la Floride, en suivant cette fameuse route n° 1, la plus ancienne du pays. Au gré des rencontres, il est question de la pauvreté, du racisme, de la déforestation, de la condition des immigrés, de la violence…

Pourquoi le héros est-il un médecin ? […] parce que l’art de Robert Kramer est fondamentalement celui d’un médecin. et qui plus est d’un médecin généraliste, « au service du peuple ». […] Des gens qu’il rencontre et qu’il écoute, le long de la route one, il n’attend aucune vérité : il se contente de les suivre dans une phase de leur existence (selon le principe qu’on ne peut filmer que des gens qui travaillent, en même temps, à quelque chose). Il les détourne – un peu – de leur route, comme s’il leur proposait une « consultation gratuite ». S’ensuit le beau portrait de ce que nous pouvons, malgré tout, continuer à aimer de l’Amérique.

SERGE DANEY – CAHIERS DU CINÉMA, DÉCEMBRE 1989