QUAND PASSENT
LES CIGOGNES

MIKHAÏL KALATOZOV

En 1958, Quand passent les cigognes obtient la Palme d’Or au Festival de Cannes et connaît un grand succès dans les salles françaises avec cinq millions de spectateurs. Cinq ans après la mort de Staline, ce film témoigne de l’ouverture propre à cette période de « dégel », et dénonce les ravages de la guerre plus qu’il n’exalte les vertus du patriotisme.

Le visage de la jeune actrice Tatiana Samoïlova, sublimé par les trouvailles visuelles de Sergueï Ouroussevski, crève l’écran. Mikhaïl Kalatozov signe un film virtuose, dont le lyrisme accompagne magnifiquement cette histoire d’amour sur fond de Seconde Guerre mondiale. Quand passent les cigognes reste à ce jour le seul film russe ou soviétique à avoir obtenu la Palme d’Or à Cannes.

Nous trouvons tout ici : la profondeur du champ et les plafonds d’Orson Welles, les travellings acrobatiques d’Ophüls, le goût viscontien de l’ornement, le style de jeu de l’Actors Studio.
ÉRIC ROHMER