PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE

CHRISTOPHE HONORÉ

À son premier degré de réception, cette histoire d’amour entre un écrivain parisien quadra et un étudiant breton revêt un charme irrésistible, un plaisir de cinéma immédiat.

Cette capacité à plaire tient à un certain nombre d’ingrédients communs à tous les films séduisants. Une matière amoureuse à laquelle chacun peut s’identifier, un récit mené sur un tempo juste, rythmé par la grâce d’un montage vif et inventif, une photo élégamment pétante, une BO de ouf…, des dialogues admirables qui sont à la fois très écrits et extrêmement vivants, de nombreuses incises humoristiques qui font mouche et mettent à distance le potentiel pathos et, surtout, le plus important, un casting étincelant… Un film de transmission, mais pas celle, fatale, de la maladie. Si Arthur savait déjà ce qu’est plaire et courir vite, Jacques lui aura enseigné ce qu’est aimer et vivre libre, en s’affranchissant de toutes les normes sociales et logiques de groupe, qu’elles soient dominantes ou minoritaires.

SERGE KAGANSKI – LES INROCKUPTIBLES, 4 MAI 2018