PHANTOM THREAD

PAUL THOMAS ANDERSON

L’Amour sous toutes ses coutures : Paul Thomas Anderson filme avec maestria un fervent corps-à-corps dans le Londres des années 1950.

En suivant ce «fil fantôme » qui donne son titre au film, il y a cette réplique : «Voyez-vous, l’aimer, lui, fait que la vie n’est plus un grand mystère.» On aimera Phantom Thread comme Alma, l’immigrée d’Europe centrale, aime Reynolds Woodcock, le couturier londonien. En s’abîmant dans le labyrinthe d’énigmes et d’illusions qui courent sous l’élégante surface du huitième long métrage de Paul Thomas Anderson… Reynolds Woodcock (personnage que Daniel Day-Lewis a puissamment contribué à élaborer) est une création éblouissante, un enfant blessé et un ogre, un créateur prodigue de son art et un amant avare de son désir. Vicky Krieps courait le risque d’être dévorée toute crue par le monstre sacré. Or Phantom Thread explore la possibilité d’une inversion du rapport de force, d’une dissolution du pouvoir masculin…

THOMAS SOTINEL – LE MONDE, 14 FÉVRIER 2018