PETITE MAMAN

CÉLINE SCIAMMA

Nelly a huit ans et vient de perdre sa grand-mère. Elle part avec ses parents vider la maison d’enfance de sa mère, Marion. Nelly est heureuse d’explorer cette maison et les bois qui l’entourent où sa mère construisait une cabane. Un matin la tristesse pousse sa mère à partir. C’est là que Nelly rencontre une petite fille dans les bois. Elle construit une cabane, elle a son âge et elle s’appelle Marion. C’est sa petite maman.

Ramassé sur soixante-dix minutes et dévoilé lors du dernier Festival de Berlin, « Petite Maman » est un beau film familial sur cette construction qu’est la maternité, faite de transmission autant que d’improvisation. Revenant sur le terrain de l’enfance (il rappelle davantage « Tomboy » que le romanesque « Portrait de la jeune fille en feu »), « Petite Maman » suit Nelly (Joséphine Sanz), 8 ans, dans les jours qui suivent la mort de sa grand-mère maternelle. Il s’agit de vider la maison de l’aïeule, où a perduré la chambre d’enfant de sa mère Marion (Nina Meurisse), et de trouver ce qu’il peut bien y avoir à conserver, voire à inventer là. Ce tri mémoriel va être rendu de manière originale (…), où tout sera deviné plutôt qu’énoncé, les silences et les absences étant à meubler par nos propres sensibilités. Mue par la curiosité des enfants vis-à-vis de l’enfance de leurs parents, cette préhistoire !, la quête de Nelly, passant par un détour magique, est accomplie avec une évidence propre au cinéma, convaincante sans trop chercher à l’être. 

Elizabeth Franck-Dumas in Libération 3 mars 2021