ONDINE

CHRISTIAN PETZOLD

Ondine vit à Berlin dans un petit appartement près de l’Alexanderplatz. Elle est historienne de l’urbanisme et mène une existence moderne typique des grandes villes. Quand elle est quittée par son amoureux, son univers s’écroule. Le sortilège est rompu. Si son amour est trahi, dit l’antique légende, elle doit tuer l’homme infidèle et retourner dans l’eau d’où elle est jadis venue.

Comme nombre de ses films précédents, Petzold situe Ondine à la lisière de deux registres : le conte populaire et, ici, l’enquête urbanistique et historique. D’un côté, il s’agit de l’amour fou d’une jeune femme pour un homme, de l’autre de la déclaration d’amour d’un réalisateur à sa ville, Berlin. Mais toujours il s’agit pour le cinéaste de donner à voir le destin extraordinaire de personnes et de lieux ordinaires. Berlin est une ville qui efface de plus en plus son histoire. Le Mur, qui donnait une identité à Berlin, a été démoli en un rien de temps. Ici, nous avons un rapport au passé et à l’histoire extrêmement brutal. Le Humboldt-Forum, lui aussi, est une destruction du passé parce que le Palais de la République fait partie de l’histoire de Berlin. Et j’ai pensé que tout cela, ces passés détruits, ces mythes résiduels, faisait partie intégrante de notre histoire d’Ondine.
CHRISTIAN PETZOLD – in DOSSIER DE PRESSE