NOTRE DAME

VALÉRIE DONZELLI

Comédie du remariage drôle, rythmée, burlesque, Notre dame raconte les tribulations professionnelles et amoureuses de Maud Crayon (Valérie Donzelli), une architecte dont le projet a été choisi pour moderniser le parvis de la cathédrale de Paris.

La place des femmes, la peur du changement, la violence de la métropole (chez Donzelli, Paris est une ville où l’on se prend littéralement des claques) : autant de thèmes que la cinéaste aborde sans renoncer à son cinéma bricolo et fantaisiste. Drôle d’expérience que de regarder un film tout juste terminé montrant Notre-Dame telle qu’elle était avant le 15 avril 2019, jour où le feu s’est déclaré… Valérie Donzelli voulait tourner dans Paris, alors traumatisé par les attentats de 2015, un film qui mettrait en scène une architecte et l’histoire d’un échec. « J’ai étudié l’architecture à Lille, la référence à cet art ne sort donc pas de nulle part. Je me suis aussi inspirée de ma meilleure amie. Elle est architecte et toujours débordée. » Quant aux revers, là aussi Valérie Donzelli a de l’expérience. « Après la réception très mauvaise de mon précédent film à Cannes (Marguerite et Julien), j’avais envie de travailler sur l’échec et la façon de s’en relever. » La cinéaste se met donc en quête d’un décor crédible pour son film. Soit un vieux monument emblématique et admiré de tous auquel l’ajout d’un élément architectural moderne ne manquerait pas de provoquer scandale et polémique. Finalement ce sera le parvis de la fameuse cathédrale, dont le réaménagement par Maud Crayon provoque l’ire des bien-pensants de tous poils (on ne vous dit pas pourquoi) et des détracteurs de la mairesse (un alter ego particulièrement savoureux d’Anne Hidalgo).
MATHILDE BLOTTIÈRE – TÉLÉRAMA, 14 AOÛT 2019