LES SÉMINARISTES

IVAN OSTROCHOVSKÝ

En Tchécoslovaquie au début des années 1980, le régime communiste musèle l’Église. Deux jeunes séminaristes devront choisir entre la soumission à la police secrète, ou une fidélité à leurs convictions qui pourrait leur coûter la vie.

Dès 1948, quand le parti communiste prend le pouvoir en Tchécoslovaquie, le gouvernement crée Pacem in Terris, une organisation cléricale collaborationniste qu’il implante dans toutes les structures cléricales du pays. En réaction, une Église clandestine est créée, afin de préserver une spiritualité authentique. Des prêtres sont ordonnés en secret et organisent des messes clandestines dans des maisons privées, tout en restant indépendants face aux affaires de l’État.

Il y a un aspect « film de genre » dans le film, n’est-ce pas ?
IVAN OSTROCHOVSKÝ : Absolument, nous avons voulu injecter une dose
d’irrationnel dans les images, et intensifier la peur que les personnages
ressentent.
Pourquoi avoir choisi le format 4/3, et l’image en noir et blanc ?
I. O. : Quand je cherchais mes décors, j’ai vite compris que l’univers d’une
école de théologie se compose essentiellement en noir et blanc. Les murs
sont blancs, les soutanes sont noires. D’autre part, j’ai une tendresse pour
les vieux films tchèques en noir et blanc. Éclairage intime d’Ivan Passer,
par exemple, est un de mes films de chevet. Enfin, j’avais le sentiment que
le noir et blanc évoquerait mieux l’irrationnel, l’horreur, la peur. Le 4/3 se
justifie par le fait qu’on tournait dans des pièces avec de très hauts
plafonds et ce format permet de mieux rendre justice aux lignes verticales.
in DOSSIER DE PRESSE