LES GRANDS SQUELETTES

PHILIPPE RAMOS

Des femmes et des hommes se perdent dans leurs pensées au hasard des heures du jour et des rues de la ville. De cette soudaine intimité, les murmures de leur petite voix intérieure nous laissent entendre les inquiétudes de l’amour.

Ouaté et cotonneux comme le lit où finissent par s’endormir les personnages, Les Grands Squelettes est construit sur une série de monologues intérieurs récités en voix off, où le recours à la longue focale, le format 4/3 et la bande-son silencieuse facilitent l’entrée dans la psyché des protagonistes en gommant l’environnement extérieur. La caméra redouble ce sentiment en adoptant parfois un point de vue subjectif, comme dans ce fragment – l’un des plus beaux – où le personnage incarné par Jacques Nolot imagine une scène de déchirement amoureux à partir de l’ombre d’une chaise. Grâce à ce dépouillement formel, le film atteint un degré d’intimité et de profondeur rare et propose une plongée introspective proche de l’expérience psychanalytique. Les personnages se disent eux-mêmes ce qu’ils ne peuvent montrer aux autres….
CHLOÉ CAVILLIER – CRITIKART, AVRIL 2019