LE DIABLE N’EXISTE PAS

MOHAMMAD RASOULOF

Iran, de nos jours. Heshmat est un mari et un père exemplaire mais nul ne sait où il va tous les matins. Pouya, jeune conscrit, ne peut se résoudre à tuer un homme comme on lui ordonne de le faire. Javad, venu demander sa bien-aimée en mariage, est soudain prisonnier d’un dilemme cornélien. Bharam, médecin interdit d’exercer, a enfin décidé de révéler à sa nièce le secret de toute une vie. Ces quatre récits sont inexorablement liés. Dans un régime despotique où la peine de mort existe encore, des hommes et des femmes se battent pour affirmer leur liberté.
Tourné dans la clandestinité et censuré en Iran, le dernier film de Mohammad Rasoulof raconte l’histoire de quatre personnages aux destins inexorablement liés, tous confrontés à des questions éthiques et politiques autour de la liberté. Mohammad Rasoulof est assigné à résidence et contraint de réaliser ses oeuvres dans la clandestinité, comme son compatriote et collègue Jafar Panahi (Taxi Téhéran). Arrêté et condamné à six ans de prison en 2009 (un an finalement en appel) pour « actes et propagande hostiles à la République islamique d’Iran », il a été à nouveau condamné pour « atteinte à la sécurité » en 2019. Il lui est aujourd’hui interdit de quitter l’Iran. Pourtant, les plus grands festivals de cinéma ne cessent d’applaudir son travail : en 2017, Un homme intègre remportait le Prix Un Certain Regard à Cannes et, en mars 2020, il est « reparti » de la Berlinale avec l’Ours d’or pour Le Diable n’existe pas.