LE CHÂTEAU DE CAGLIOSTRO

HAYAO MIYAZAKI

Le célèbre voleur Lupin enquête et découvre une princesse enfermée…

Avec Le Château de Cagliostro (1979), Miyazaki réalise son premier long métrage pour le cinéma, plusieurs années avant la création du Studio Ghibli avec son comparse Isao Takahato… Le film n’avait pas eu encore en France l’honneur d’une sortie en salle. Injustice réparée. Miyazaki n’est pas totalement maître de cet univers puisqu’il adapte pour le cinéma une série de mangas à succès – il a lui-même réalisé quelques épisodes de la version télévisée. Mais ce qu’il fait de cette matière est, déjà, éblouissant. Le héros, Lupin (avatar moderne de l’Arsène Lupin de Maurice Leblanc), est un sympathique voleur sur la piste de la fausse monnaie, qui le mène dans la principauté de Cagliostro, jusqu’au château où le comte, sorte de Mabuse, retient prisonnière la princesse Clarisse afin de l’épouser, par cupidité… Si la trame est volontairement des plus archétypales, elle fait d’autant mieux apparaître le délire (la légèreté amusante, le merveilleux captivant) qui s’empare des figures attendues : les multiples trouvailles architecturales du château, une course-poursuite en voiture défiant la gravité, une invention gestuelle irrésistiblement comique… Génialement rythmé, le film offre de permanentes occasions de jubilation, dans un mouvement ample et généreux qui culmine dans sa conception verticale de l’espace, créant d’impossibles envols et profondeurs, hommage revendiqué au Roi et l’Oiseau de Paul Grimault…
FLORENCE MAILLARD – CAHIERS DU CINÉMA, JANVIER 2019