LE CHANT DE LA FORÊT

JOÃO SALAVIZA et RENÉE NADER MESSORA

« Un rêve éveillé au cœur de la forêt brésilienne » qui s’inscrit aussi dans un contexte spécifique, à la fois politique et culturel, du Brésil et de l’Amérique latine.

Le Chant de la forêt est le second long métrage du Portugais João Salaviza (après Montanha en 2015) et le premier de la Brésilienne Renée Nader Messora, ethnographe, coauteure du scénario, directrice de la photo et monteuse (avec Edgar Feldman), qui, depuis 2009, travaille avec la communauté amérindienne animiste Krahô, dans le nord du Brésil. Ihjãc, un jeune indigène qui vient de perdre son père, est victime de cauchemars. Il est attiré vers une cascade où la voix du défunt exprime son souhait de rejoindre le village des morts. Sollicité pour devenir chaman et se sentant sous l’emprise d’un perroquet malveillant, Ihjãc fuit son village pour la ville voisine. Incapable de s’adapter à ce monde trop différent où il ne peut que s’adonner à de vaines errances, dès qu’il se sent libéré du sort jeté par le volatile, il revient chez les siens où il fête la fin du deuil et rejoint l’esprit de son père dans l’eau de la cascade. Minimaliste de bout en bout, sans aucun effet narratif ou photographique, Le Chant de la forêt est une belle réussite, qui louvoie entre documentaire et fiction, rappelant le monde d’un Robert Flaherty ou celui d’un Jean Rouch.
MICHEL CIEUTAT – POSITIF, JUILLET-AOÛT 2018