LA VOIE LACTÉE

LUIS BUÑUEL

À travers les pérégrinations picaresques de Pierre (Paul Frankeur) et Jean (Laurent Terzieff) jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, La Voie lactée énumère toutes les hérésies du catholicisme. Pour les uns, c’est un blasphème, pour d’autres un film religieux, que Buñuel résume ainsi : « Je voudrais qu’après avoir vu ce film, sept athées trouvent la foi et que sept croyants la perdent. »

Dans la filmographie de Luis Buñuel, La Voie lactée se situe entre Belle de Jour et Tristana. De ces trois films, celui-ci est de loin le plus atypique, le moins « classique » – du moins au sens formel du terme. À travers les pérégrinations de Jean et Pierre – magnifique et improbable duo formé par les acteurs Laurent Terzieff et Paul Frankeur –, cette oeuvre retrace l’histoire des hérésies au sein de l’Église catholique et leur remise en cause des dogmes soi-disant établis – mais jamais véritablement prouvés, ce qui entraîne dans le film de nombreux débats portant aussi bien sur l’eucharistie, la Vierge Marie que sur le concept de la Sainte Trinité. L’existence même de La Voie lactée souligne les contradictions inhérentes chez Buñuel entre son éducation chrétienne très stricte et son besoin de se révolter contre cette éducation. Ce film démontre son besoin quasi obsessionnel de Dieu en même temps que sa volonté de s’en détacher et de remettre en cause le dogmatisme de l’Église catholique.

Je fais du cinéma, qui est une machine à fabriquer des miracles.
LUIS BUÑUEL